J’ai longtemps cru que les solutions agricoles venaient forcément de l’extérieur
Pendant longtemps, j’ai considéré qu’une grande partie des solutions agricoles se trouvait nécessairement à l’extérieur des exploitations.
Un besoin apparaît ?
On recherche une solution disponible sur le marché.
Un problème technique apparaît ?
On cherche un produit ou une technologie capable d’y répondre.
Cette logique a permis de nombreux progrès.
Elle a accompagné la modernisation de l’agriculture et permis d’augmenter considérablement les capacités de production.
Mais avec le temps, l’observation des territoires et des ressources disponibles m’ont amené à poser une autre question.
Et si une partie des solutions existait déjà autour de nous ?
Nos territoires produisent déjà des ressources
Chaque territoire génère quotidiennement des matières qui possèdent une valeur agronomique potentielle.
- résidus agricoles ;
- déchets verts ;
- biomasses végétales ;
- coproduits alimentaires ;
- matières organiques issues des activités humaines.
Pourtant, ces ressources sont encore souvent considérées comme des contraintes.
Elles doivent être collectées, transportées ou éliminées.
Mais une autre lecture est possible :
Ces matières peuvent devenir des ressources stratégiques pour la fertilité des sols.
Retrouver une capacité d’action locale
L’autonomie agricole ne signifie pas vivre en vase clos.
Elle signifie retrouver une capacité de décision et une meilleure maîtrise de certains leviers essentiels.
Parmi ces leviers, la fertilité occupe une place centrale.
Un territoire qui dépend entièrement de ressources extérieures pour nourrir ses sols est forcément plus vulnérable aux variations économiques et géopolitiques.
À l’inverse, un territoire capable de mieux valoriser ses propres ressources renforce sa robustesse.
La matière organique au cœur des transitions agricoles
La matière organique est probablement l’une des ressources les plus sous-estimées de nos territoires.
Elle est disponible localement.
Elle est renouvelable.
Elle participe directement aux cycles biologiques des sols.
Mais elle nécessite une transformation adaptée pour révéler pleinement son potentiel.
C’est dans cette logique que s’inscrivent les
bio-intrants
.
Changer la logique : de la dépendance vers la coopération
L’enjeu n’est pas de remplacer toutes les solutions existantes.
Il est de compléter nos approches par une meilleure utilisation des ressources disponibles.
Cela demande de reconnecter plusieurs acteurs :
- agriculteurs ;
- collectivités ;
- entreprises ;
- structures de valorisation organique.
C’est une logique de coopération territoriale.
Les bio-intrants comme outils de reconnexion
Les bio-intrants ne sont pas seulement des alternatives techniques.
Ils peuvent devenir des outils permettant de reconnecter :
- les ressources locales ;
- les besoins agricoles ;
- les dynamiques biologiques des sols.
La méthode
Aérobocashi
s’inscrit dans cette volonté de transformer localement les matières organiques en ressources agricoles actives.
Le regard de terrain
Avec le recul, je pense que nous avons parfois cherché très loin des solutions qui existaient déjà à proximité.
La transition agricole passera probablement autant par l’innovation que par une meilleure reconnaissance de ce que nous avons déjà.
Nos territoires possèdent des ressources.
La question est désormais de savoir comment mieux les transformer, les organiser et les valoriser.
C’est cette vision qui guide mon travail autour des
territoires plus robustes
et de l’
accompagnement des filières locales
.
