J’ai longtemps cru que le principal problème des agriculteurs était le prix des fertilisants

Pendant longtemps, j’ai pensé que la principale difficulté économique des agriculteurs venait du prix des fertilisants.

Et cette analyse semblait évidente.

Lorsque le coût des engrais augmente, la pression économique augmente immédiatement sur les exploitations.

Chaque année, les agriculteurs doivent composer avec des charges croissantes et une incertitude toujours plus forte.

Mais avec les années de terrain, j’ai commencé à regarder le problème autrement.

Le prix des fertilisants est une réalité.

Mais il révèle surtout une question plus profonde :


Pourquoi nos systèmes agricoles dépendent-ils autant de ressources qu’ils ne maîtrisent pas ?

Le problème n’est pas seulement le prix, c’est la dépendance

Un agriculteur peut difficilement agir sur le prix mondial des matières premières nécessaires à la fabrication des fertilisants.

Les marchés internationaux, les coûts de l’énergie ou les tensions géopolitiques influencent directement ces produits.

Cette situation crée une fragilité :

  • une dépendance économique ;
  • une dépendance aux marchés extérieurs ;
  • une difficulté à anticiper les charges futures.

La question devient alors différente :


Comment redonner aux exploitations une capacité à produire une partie de leur propre fertilité ?

La fertilité commence par les ressources disponibles autour de nous

Chaque territoire possède pourtant des ressources souvent sous-estimées.

Des matières organiques agricoles, végétales ou issues des activités humaines existent déjà localement.

  • résidus de cultures ;
  • effluents organiques ;
  • déchets verts ;
  • coproduits agricoles et alimentaires.

Ces ressources sont trop souvent considérées comme des contraintes logistiques ou réglementaires.

Pourtant, elles représentent un potentiel agronomique important lorsqu’elles sont correctement transformées.

C’est l’une des raisons pour lesquelles je développe une approche autour des

bio-intrants

et de la valorisation des matières organiques locales.

Passer d’une logique d’achat à une logique de production de fertilité

Pendant longtemps, nous avons principalement pensé la fertilisation comme un acte d’achat.

Il manque un élément ?

On l’achète.

Il faut fertiliser ?

On apporte un produit.

Mais les sols fonctionnent avec des cycles plus complexes.

La fertilité dépend aussi :

  • de la matière organique présente ;
  • de l’activité biologique du sol ;
  • de la capacité du sol à transformer les ressources disponibles.

Cette évolution de regard est au cœur de la réflexion sur les

territoires plus robustes
.

Les bio-intrants comme outils d’autonomie

Les bio-intrants ne sont pas une solution magique qui supprimerait toutes les contraintes agricoles.

Ils représentent plutôt une possibilité supplémentaire :

celle de mieux valoriser les ressources disponibles localement.

Leur intérêt est de reconnecter :

  • les matières organiques ;
  • les sols ;
  • les exploitations ;
  • les territoires.

Le

bocashi et les préparations fermentées

s’inscrivent dans cette logique de transformation des ressources en leviers agricoles.

Le regard de terrain

Aujourd’hui, je ne pense plus que le principal problème agricole soit uniquement le prix des fertilisants.

Le véritable enjeu est plus large :


Comment construire des systèmes agricoles capables de mieux maîtriser leurs propres ressources ?

La réponse passera probablement par plusieurs leviers :

  • une meilleure connaissance des sols ;
  • une meilleure valorisation des matières organiques ;
  • des outils adaptés aux réalités locales ;
  • des territoires capables de coopérer.

C’est cette vision que je développe à travers mon

accompagnement des filières et territoires
.

Pour aller plus loin :