J’ai longtemps cru que les bio-intrants étaient une alternative aux fertilisants classiques

Pendant longtemps, j’ai regardé les bio-intrants comme beaucoup de personnes les regardent encore aujourd’hui.

Comme une alternative. Une solution différente pour remplacer progressivement certains fertilisants conventionnels.

Une autre manière d’apporter des éléments aux cultures.

Puis, avec les années de terrain, les essais, les rencontres et surtout l’observation des sols, mon regard a changé.

J’ai compris que la véritable question n’était peut-être pas :
“Par quoi remplacer les fertilisants actuels ?”

Mais plutôt:
“Comment retrouver notre capacité à produire une partie de notre propre fertilité ?”

La fertilité des sols ne se résume pas à un apport extérieur

Pendant des décennies, nous avons progressivement appris à considérer la fertilité comme quelque chose que l’on pouvait acheter.

Un besoin apparaît ? On apporte une solution. Un manque est identifié ? On apporte un produit.

Cette approche a permis des avancées importantes pour l’agriculture.

Mais elle a aussi créé une forme de dépendance: celle de devoir chercher toujours plus loin les ressources nécessaires au fonctionnement de nos systèmes agricoles.

Avec le temps, une évidence s’est imposée à moi: un sol fertile n’est pas simplement un sol auquel on ajoute des éléments.

C’est un sol capable de fonctionner, de transformer, d’échanger et de mettre progressivement à disposition les ressources nécessaires aux plantes.

Les bio-intrants ne sont pas seulement des produits différents

C’est là que ma perception des bio-intrants a évolué.

Je ne les vois plus simplement comme une alternative aux solutions existantes.

Ils représentent une autre manière d’aborder la relation entre :

  • le sol,
  • la matière organique,
  • les microorganismes,
  • la plante,
  • le territoire.

C’est cette approche que je développe aujourd’hui autour des bio-intrants et de leur place dans une agriculture plus autonome.

Nos territoires produisent déjà une partie des ressources dont ils ont besoin

Une autre prise de conscience est venue avec le temps.

Nos territoires produisent chaque année d’importantes quantités de matières organiques :

  • résidus agricoles,
  • déchets verts,
  • biomasses végétales,
  • sous-produits agroalimentaires,
  • matières organiques issues des activités humaines.

Ces ressources sont encore trop souvent considérées comme des contraintes à gérer.

Pourtant, elles peuvent devenir de véritables leviers de fertilité. C’est une réflexion qui rejoint directement l’enjeu de construire des territoires plus robustes.
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Transformer la matière organique plutôt que simplement l’éliminer

Le sujet n’est pas simplement de produire un amendement ou un fertilisant supplémentaire.

Le sujet est de comprendre comment accompagner une transformation:

  • de la matière organique vers une ressource stable,
  • du déchet vers un potentiel agricole,
  • d’une contrainte vers une opportunité territoriale.

Le bocashi et les préparations s’inscrivent dans cette logique.

Le regard de terrain

Après plusieurs années consacrées à la transformation des matières organiques, ma conviction est devenue simple:

La transition agricole ne passera pas uniquement par le remplacement d’un produit par un autre.

Elle passera par une meilleure compréhension du fonctionnement du vivant et par la capacité des territoires à reprendre la maîtrise d’une partie de leurs ressources.

Les bio-intrants peuvent devenir un outil pour reconnecter:

  • les sols,
  • les agriculteurs,
  • les ressources locales,
  • les territoires.

 

Pour aller plus loin: