J’ai longtemps cru que la fertilité venait principalement de ce que l’on apportait au sol
Pendant longtemps, j’ai pensé la fertilité agricole principalement à travers les apports.
Un élément manque ?
On l’apporte.
Une culture a besoin d’un soutien ?
On apporte une solution.
Cette logique est profondément ancrée dans notre manière moderne de pratiquer l’agriculture.
Et elle a permis des avancées considérables.
Mais avec le temps, l’observation des sols et les échanges avec les agriculteurs m’ont amené à regarder les choses autrement.
La question n’est peut-être pas seulement :
“Quels éléments devons-nous apporter au sol ?”
Mais aussi :
“Comment aider le sol à mieux fonctionner lui-même ?”
Un sol n’est pas un simple support de culture
Pendant longtemps, le sol a parfois été considéré comme un support physique permettant aux plantes de se développer.
Mais un sol fertile est bien plus que cela.
C’est un milieu vivant composé :
- de matière organique ;
- de microorganismes ;
- de champignons ;
- d’insectes et d’organismes du sol ;
- d’interactions permanentes.
Cette vie invisible joue un rôle essentiel dans la transformation et la disponibilité des ressources.
La fertilité ne se résume pas à une quantité d’éléments
Deux sols peuvent recevoir les mêmes apports et pourtant produire des résultats différents.
Pourquoi ?
Parce que la capacité du sol à transformer, stocker et restituer les ressources est déterminante.
La fertilité est donc autant une question de fonctionnement qu’une question d’apport.
Retrouver une approche plus biologique de la fertilité
Changer de regard ne signifie pas supprimer toute fertilisation.
Cela signifie comprendre davantage les mécanismes qui permettent aux plantes et aux sols de fonctionner ensemble.
La matière organique joue ici un rôle essentiel.
Lorsqu’elle est correctement transformée, elle devient un support pour les dynamiques biologiques du sol.
C’est l’une des raisons pour lesquelles les approches autour des
bio-intrants
prennent aujourd’hui une place croissante.
Produire une fertilité plus autonome
L’enjeu n’est pas simplement de remplacer un produit par un autre.
Il est de retrouver une meilleure capacité à utiliser les ressources disponibles.
Chaque territoire possède des matières organiques qui peuvent contribuer à cette dynamique.
- résidus agricoles ;
- biomasses végétales ;
- coproduits organiques ;
- ressources locales disponibles.
La question devient alors :
Comment transformer ces ressources pour accompagner durablement la fertilité des sols ?
Le bocashi : accompagner les processus biologiques
Le bocashi s’inscrit dans cette recherche d’une transformation biologique maîtrisée des matières organiques.
L’objectif n’est pas uniquement d’apporter une matière supplémentaire.
Il est aussi d’accompagner les processus qui permettent au sol de mieux valoriser les ressources disponibles.
Cette approche est développée dans la
méthode Aérobocashi
.
Le regard de terrain
Aujourd’hui, je ne considère plus la fertilité comme quelque chose que l’on apporte uniquement de l’extérieur.
Je la vois comme un équilibre que l’on accompagne.
Le rôle de l’agriculture de demain sera probablement moins de forcer les sols à produire que de mieux comprendre comment renforcer leur fonctionnement naturel.
C’est cette vision qui guide mon travail autour des
filières et territoires
qui souhaitent développer des solutions adaptées à leurs ressources.
Pour aller plus loin :
